mardi 3 novembre 2009

He deal, l'eau tonne.


Je suis orange et fine, pointue et texturée, sèche et nervurée.

Séchée par le temps, je casse sous les pieds des passants, et je ne tiens parfois
qu’à une rainure.

Celle-ci bien que précaire.

Les plus belles d’entre nous, feuilles d’automnes, sont rouges pétantes. Moi je ne suis qu’orange foncée, étant à la base pauvre en chlorophylle, mon vert n’a pas fuit vers le rouge, mais s’est contenté de devenir orangé.

Le vent m’a jadis fait tourbillonner, et je suis tombée, j’ai perdu pied. Pied d’alouette.

Sur le trottoir, je deviens éponge, au milieu de toutes celles qui, comme moi, se sont émancipées de l’arbre qui leur tenait les pieds, et je recueille l’eau de pluie, le froid automnal.
Or, je suis une feuille d’automne et je n’ai ni chaud ni froid. Si la rosée me mouille, ou fait mouiller, je me gonfle et devient luisante, sinon je ne suis que sèche et craquante.

Même dans un tas, je me sens seule, moi feuille.

Enfin, je me sentais.

Hier, une substance blanche s’est déposée sur moi, s’est étendue de tout son long.

Arrivée d’en haut, elle était douce, mais froide.

Elle résistait, mais je sentais le courant passer.

Je sentais que je la faisais fondre, malgré son cœur glacé.
Et, au comble de notre apogée, elle s’est répandue en eau sur moi. Et j’ai gonflé.

Jamais une feuille d’automne n’avait connu telle idylle avec une première neige auparavant.

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-Jean-Ben!
-Hum…
-Viens voir, y’a plein de neige dans ‘cours!
-Bhum..
-Jean-ben, mon tas de feuilles est tout enneigé!
-humm R’viens t’coller, j’ai froid.
-Pff! Pas autant que c’tes feuilles-là!
-humm hum.

vendredi 23 octobre 2009

Frite et ning

Je suis peureuse.

Tellement, en plus!

J’ai peur de manquer mon autobus, de tomber, d'oublier quelque chose, d’avoir mal aux pieds, de me perdre, des chiens des fois, de pas être aimée, d’avoir l’air conne, d’avoir l’air fatiguant, d’avoir l’air croqueuse, d’avoir l’air trop cochonne, de pas en avoir assez l’air, d’avoir l’air trop intelligente, d’avoir un air bref.
Des fois, pour éviter un conflit ou une discussion musclée, j’dis juste ouin.
Quand j’pourrais péter des geules avec mes arguments.

J’pensais à ça, en marchant jusque chez moi. J’pensais que je pourrais faire un coup d’éclat, ou d’état.

J’pourrais prendre 6 autobus, l’un après l’autre. Juste pour me perdre. Pis essayer
de retrouver mon chemin.

J’pourrais prendre un aller pour Victoriaville, en intercar.

J’pourrais me faire percer une place étrange, ou un mamelon.

J’pourrais désobéir.

Mais bon!



J’pourrais aussi commencer par affronter mes petites peurs. Commencer au bas de l’échelle, j’trouerai mon mamelon quand tout ça sera réglé!

samedi 12 septembre 2009

Happy birthday to ..us!


Joli 13 septembre.

Un anniversaire!

Lequel?
Celui d’un piercing? Oui, entre autre.

Mais surtout celui d’une sortie, d'une belle journée.

Le 13 septembre, c’est la date de ma première sortie de fille avec Debbie.(& Emie:P)

Piercing douloureux et simultané au même endroit, magasinage, poutine-pizza et finalement un film au Clap.

Jolie journée dispendieuse mais radieuse.

Bonne fête Amélie’n’Debbie’s friendship!

vengeance pudique

Je n’ai plus de vie.

Cégep ennuyeux et tellement pas motivant, surcharge émotive, overdose de travail, manque de temps, beaucoup trop d’anglais devenu sauvage et pour lequel je n’ai aucune envie d’apprivoisement..

Bref. Manque de vie.

Une belle vie pamplemousse juteuse qui goûte le Mister freeze blanc, ou bleu, qui sent l’sexe pis qui ressemble à un film quétaine.

J’passe ma vie dans les autobus!

Entre un cours et un quart de travail, entre ma maison et un centre commercial bourgeois qui pue. Entre ma maison et le cégep, entre le cégep et ce dit centre commercial, et, épuisée, encore entre ce centre commercial et ma maison, pour vite aller dormir pour me lever à temps pour prendre l’infernal autobus le lendemain matin pour recommencer.


Bref.


Entre deux soupirs dans un autobus, je ris parfois.

Comme tout à l’heure.

Je moisissais bien assise sur un banc d’autobus dans mon ressentiment d’avoir à aller travailler encore, alors que j’aurais pu rester lovée sur un torse chaud et rassurant.


Pourquoi j’ai pas le droit à un samedi? Pourquoi j’dors sans me reposer? Pourquoi je suis brûlée?

Alors qu’autant de questions aussi rhétoriques les unes que les autres pullulaient dans ma tête, 2 jeunes filles, un beau 14 ans sonnant chacune, entrent dans l’autobus.

Le genre que j’aime pas. Le genre qui transpire l’enfant-gâtée’isme à plein nez.

Ben oui, je juge. Jugez-moi au pire.


L’autobus étant bondé, ces mademoiselles doivent rester debout, et affronter le périple en se cramponnant, tant bien que mal, aux barres de métal qui transpercent les autobus.

Et moi, je les fixe.

Et je vois que, soumise aux secousses de la route additionnées à la précarité de sa poigne sur le poteau, une des filles écrabouille vertement le pied de la dame assise
sur le banc en face d’elle.

Et la dame a mal, mais est vieille et polie, donc ne pipe mot et se contente de contracter ses orteils meurtris du bout de ses sandales ouvertes.

Mais la jeune fille s’en est rendu compte, et à défaut de s’excuser, rit un peu, dans son imbécilité impubère.

Mais là arrive le dénouement.

Alors qu’un étrange se lève pour sortir, le genre chapeau melon et cheveux gras, il lui écrabouille le pied en entier, sans épargner ses puma ouverts, ceux que je voudrais bien.

Réaction immédiate.

Elle s’insurge, crie, et peste de douleur. Et sa pauvre amie de s’épancher sur son pied blessé.

Come on.

Et le simili Charlie Chaplin qui se multiplie en excuses, qui passent inaperçues pour la belle blessée.

Et moi qui jette un regard complice à la dame aux orteils bafoués, et qui descend, finalement arrivée à Place Laurier, un sourire mesquin aux lèvres.
Je n’avais jamais assisté à une scène qui illustre si bien l’expression Recevoir la monnaie de sa pièce.

mercredi 2 septembre 2009

Amélie en tandem.

J'ai des idées coquines, des idées déprimes.
Des idées plus profondes comme d'autres qui font l'étoile à la surface..
Mais reste qu'elles reviennent, ce qui signifie que..

L'été est bel et bien finit.

J'aime.
Mais je m'ennuie.

Quand quelque chose est finit, on s'en languit. Sinon, on y pense pas. C'est absurde, mais tellement inévitable.

Espérons que je profite assez de ce que j'ai aujourd'hui, pour pas le regretter demain.


En attendant, j'essaie d'aimer le nouveau, sans trop penser au bon vieux.

Je suis encore effarouchée, p'tite biche que je suis. (Sans les yeux)

Que voulez-vous, je m'attache moi
aux profs.





Pour oublier ceux qui me manquent, j'en deviens un?
Tandem, me voilà.

vendredi 3 juillet 2009

veille d'halloween.




...Ce soir, c'est mon premier quart de travail au IGA des saules.
Et dire que demain c'est l'halloween.. Je dois déjà mentir pour ne pas travailler à ma fête favorite.


Je suis nerveuse, et j'ai tout sauf l'envie réelle de travailler. Et encore moins dans un gros magasin comme celui-là.

Mais comme tous les gens qui m'entourent me lancent, yeux fermés, dans le gouffre du marché du travail, je tombe. Je suis mon propre bourreau, en fait. C'est moi qui, toutes voiles dehors, est allée butiner d'entreprises en entreprises, toutes plus répugnantes ou presque les unes que les autres, pour porter ma vie sur papier, c'est-à-dire mon curriculum vitae.

Reste que ce soir, je dois, et ce sans même avoir le temps de manger ou de décompresser de ma journée de cegep, me rendre dans cet entrepôt à nourriture pour je ne sais quoi. Regarder des vidéos sur l'entreprise, recevoir une jolie formation par une grosse madame sur le service à la clientèle, comme si il fallait une formation pour sourire.



Erreur.

Au iga, ils ne poireautent pas. À l'eau, les vidéos. Talons hauts et robe rouge, on m'envoie sur une caisse. Une autre nouvelle, retraitée celle-là, y reçoit déjà une formation, elle est de dos et je m'avance vers elle et son formateur, qui sera aussi le mien.

Mais plus que le soucis de devoir me souvenir comment fonctionne la caisse que j'occuperai, je regarde celui qui me montrera le comment de la chose.
Il est petit.
Je trouve ça mignon.

La dame qui m'escorte, à mon grand dam puisqu'elle ne transpire pas la gentillesse et porte un nom d'homme, ce que je trouve absurde, l'appelle par un nom composé. Quelque chose qui malgré son trait d'union, sonne bien.

Quelque chose qui finit en ''oit''. Je ne porte pas vraiment attention au nom. J'étiquetterai plus tard, de toute façon. Et comment que je m'en souviendrai, de ce nom.

Reste que celle plus âgée part. Ne reste que moi et cet énigmatique jeune homme, qui essaie, tant bien que mal, de me montrer comment scanner un truc insipide.

Je le trouve beau.
Je le regarde. Il a l'air d'un homme complet, dur et solide, en petit format, tout concentré. Il bégaie un peu, ça me fait sourire. Je l'imagine habillé de noir, et même, l'espace de quelques secondes, de rien.
j'ai l'esprit coquin.

Les traits de son visage me semblent particulièrement harmonieux, je le détaille.
Lorgnant,subtilement, quand l'occasion se présente.

Je le met mal à l'aise. J'essaie d'être naturelle, peine perdue.
Je lui plais, j'en ai la conviction. Il n'en faut pas plus pour démarrer la machine. Je roule et je déroule, je regarde et j'insiste.

Les heures passent. On rit. Il me raconte des trucs, et moi j'écoute. Je le regarde.
Il a le sourcil percé. Des belles dents droites. Des lèvres particulièrement fines. Des cheveux rasés à la dure. Des fesses. Une odeur de détergent mélangée subtilement à un fumet de bière. Des yeux perçants.
Qui me percent.



J'ai du rougir un bon nombre de fois, alors que je jouait à la fille sûre.

Et ce fut fini.

Je repars chez moi. Mais j'ai maintenant presque hâte d'y retourner, mais pas pour scanner des pois. Je crois m'avoir fait un ami, alors que je suis tombée en amour...

Un amour latent, qui aura une lente gestation endormie quelques mois, par une distraction, mais qui finira par éclore, légèrement plus tard, mais avec la puissance du charme de Robert Downey Jr sur Gwyneth Paltrow.


Il fait bon parfois retomber plusieurs mois plus loin, et sourire de la naïveté du moment.

Fou raide (dites-le vite. et plusieurs fois)

Parfois, pour un rien, la mélancolie me prend de la tête aux pieds, mais surtout au coeur.
Jamais je n'aurais cru dire(et encore moins écrire) que la royale matière avec laquelle je me suis relativement débattue pendant les dernières années de mon secondaire me manquerait.

Les mathématiques.

Depuis maintenant un an, je n'ai pas été dans un cours de mathématique, je n'ai pas soupiré d'ennuis devant une matière chinoise, je n'ai pas philosophé avec un grand brun de Chambord..
Le contenu le plus ''scientifique'' avec lequel j'ai eu à dealer est sans contredits la littérarité de cette chère Yolaine.

Mais plus encore que la matière, l'ambiance de ce cours me manque.

J'ai franchement peur que mes cellules m'abandonnent, suite à une trop grande absence de calculs, et une surabondance d'écriture.

Mais plus encore que la matière, autre chose me manque. Dieu sait pourquoi.

L'ambiance,les collègues, l'effort ,mitigé je dois bien l'avouer, et, pour ne pas le dire, l'homme. Celui devant la classe.

J'ignore pourquoi certaines personnes nous marquent plus que les autres.

Et j'ignore tout autant pourquoi, en cette petite nuit humble, je pense à ça.
Mais c'est là.


Je voudrais faire des logs et ne rien comprendre. Je voudrais encore utiliser une calculatrice graphique. Je voudrais optimiser des situations loufoques et sans possibilité éventuelles d'utilité dans ma vie. Mais encore plus, je voudrais aller faire la file à son bureau, pour repartir un peu plus mêlée, mais avec un sourire et une odeur de café dans la narine droite.

Je suis quelqu'un de timide.

Ça m'a pris plusieurs fois avant d'aller jusqu'à la polyvalente pour rendre visite aux pionniers de mon secondaire, dont lui.

Malchance, j'y suis allée trop tard. Plus personne.

Ne me reste que la peur d'y aller l'an prochain, et de ne pas être reconnue par ceux-là même qui m'ont marquée. Devoir, toute fébrile, dire mon nom, mon année, devant quelqu'un que j'apprécie tant et qui m'a oublié.
Être oubliée par quelqu'un d'important, c'est comme mourir un peu.

En attendant, j'ouvre mon album des finissants.

J'étais autre chose, avant d'être Amélie Richer 18 ans.