samedi 23 mai 2009

Ga rage.


La joie des autobus de ville, c’est que jamais ils ne vous amèneront où vous voulez aller à la bonne heure.

Tu commences à travailler à 12h?

Le bus te dropera joyeusement devant Place Laurier à 11h34, comme si c’était décent d’arriver une demi-heure d’avance au travail.

Prendre l’autobus d’après, pour arriver plus tard?

Alors j’arriverai à 12h13.

Légèrement en retard, presque grossièrement.

Alors je suis là, à gambader dans les allées appétissantes et créatrices de faux besoins du plus beau centre commercial qu’il m’est été donné de voir.

Mais le fait est que je porte des talons hauts.

Et que j’ai devant moi un se pointe un gentil chiffre de 5 heures à rester debout et à marcher vers les timides et effarouchés visiteurs du pays des Lushies.

Réflexion faite, je ferais mieux de m’asseoir docilement sur un banc et d’attendre, je pourrais alors ménager mes petits orteils pour ensuite leur asséner le coup de grâce et doublement les faire me détester en continuant ma soirée à arpenter les rues du Vieux, main dans la main avec un beau jeune homme.

Bref. Fantasmons plus tard.

Banc en vue, je prends place dessus.

Je suis distraite.


Mais je porte tout de même attention à la jeune femme qui se profile devant moi, sous mes yeux.


Une vraie carte de mode, parfaitement aux goûts du jour. Avec la taille qui s’agence avec ses vêtements. Rien qui dépasse au dessus de la ceinture, ni qui flagote sur les cuisses parfaitement lisses et bronzées.

Elle semble très grande. Comme ses cheveux. Comme si ses membres et sa chevelure avaient un commun accord, une entente, de pousser en même temps. Ces derniers, outrageusement bruns et désinvoltes, traînent sur ses épaules, comme si elle s’était levée ce matin, et qu’elle les avait oubliés.

Mais ce n’est pas le cas. Nul naturel n’est aussi travaillé que le frisotté de ces
cheveux-là.

Outre son style parfait, son corps de femme qui aime vomir et ses cheveux resplendissant, sa posture triomphe.

Elle est assise sur quelque chose qui ne sert pas à s’asseoir. Les bras soulevés par un élan de plaisir insoutenable, les cuisses soudées pour garder un équilibre, avec tout ce soulèvement de joie.

Derrière sa silhouette, le temps semble figé. Comme si l’image se tordait, que le temps s’arrêtait pour les autres, ceux qui ne sont pas auréolés de beauté, d’insouciance et de plaisir.

Même la lumière s’étire légèrement, comme pour mettre en valeur le maquillage et le corps de cette jeune dame parfaitement vêtue et pourvue.





Et moi, je suis assise sur mon banc, et je la regarde.
Comme elle n’est pas naturelle, comme elle n’est pas plausible, sous la lumière blafarde d’un centre commercial.

Les concepteurs de cette affiche publicitaire ont merdé, aucune femme ne pourrait s’associer et se reconnaître en ce jeune mannequin qui semble avoir tant de plaisir à être assise sur une rampe de carrousel féérique, à une fête foraine.


Assez dévisagé les affiches du Garage, Amé. Il est temps d’aller vendre des petits trésors de produits cosmétiques pour les vraies personnes.

2 commentaires:

  1. Amélie et ses autobus de ville :P
    Si seulement ceux de la rive sud etaient aussi intéressants. Je n'aurais pas besoin de regarder au paysage plus ou moin coloré que je connais maintenant par coeur.

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  2. Je n'appelle pas ca des mannequins, ce sont tout simplement des produits pour vendre d'autre produit, ils nous font croire en quelque chose qui n'existe pas.. Mais bon.. Ces fameux produits Lush, il est temps que je les essaie!! Alors garde l'oeil ouvert lorsque tu travailleras peut être bien que tu me verra le minois! ;) xxxxx

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